Lecture : On regrettera plus tard, Agnès Ledig

Publié le par Reflet d'Expression

Voilà, une nouvelle lecture terminée. 
Quand j'ai pris ce livre, "On regrettera plus tard", que j'y ai lu la 4ème de couverture, j'ai souris en me disant que j'avais lu la suite "avant le début". Ce roman est ainsi donc la seconde partie de "De tes nouvelles", même s'il n'est pas réellement indispensable de le lire. Ce dernier offre une réelle fin. 
Aussi, forcément, je m'y suis plongée encore plus rapidement que d'habitude, connaissant déjà "cette famille virtuelle d'un moment".

Un roman sympathique, dans lequel la détresse de chacun est mise à nue, des vies de tous les jours, qui se rencontrent.

J'ai aimé ce père et sa fille, vivant en solitude dans leur roulotte, au fil des jours et des régions. J'aime ce type de vie, un peu en exil, hors du monde. Et cet extrait en est tellement l'opposé :
 "Même vide, le RER ne me manque pas. Le dimanche matin, il transporte ceux qui ont la malchance de travailler ce jour-là, et des zonards, reliquat des errances du samedi soir. C’est différent de la semaine, mais ce n’est pas mieux, Je l’ai assez pris il y a quelques années pour ne rien en regretter. C’est lui qui m’a rendu claustrophobe. Ces quais bondés à huit heures du matin, où les gens entrent par vagues, en espérant que leur sac ne restera pas coincé dans les portes quand elles se refermeront sur la foule comme une tenaille sur un fil de fer. Un bout dans le train, l’autre sur le quai, coupe nette, en attendant le suivant, pour être cisaillé à nouveau, sans trop savoir à quel endroit et de quel côté on tombera. Se retrouver collé à ses voisins, quels que soient leur gabarit, leur haleine ou leurs odeurs corporelles. Espérer qu’à la station où l’on descend, on arrivera à se frayer un chemin jusqu’aux portes avant la grande tenaille. Ne pas penser au risque d’attentat. Ni à celui d’être témoin d’un viol ou d’une agression. Sentir surtout cette ambiance lourde, pesante, de gens qui se côtoient de si près sans avoir rien à se dire. Même avec nos amis les plus proches, on ne vit jamais cette proximité dérangeante. Intrusion au-delà du cercle de sécurité de notre intimité. Je n’arriverais plus à respirer. Je crois que je préférerais m’acheter un vélo et faire une heure de route pour aller à mon travail. Après la vie de bohème, la liberté absolue, le calme incomparable et la solitude heureuse, certaines façons de vivre deviennent insupportables."

Je lui donne un 8,5/10, quelques passages "indélicats". La vraie réussite d'Agnès Ledig reste néanmoins à mon sens "Dans le murmure des feuilles qui dansent".

4ème de couverture : 
Cela fait bientôt sept ans qu'Eric et sa petite Anna Nina sillonnent les routes de France. Solitude choisie. Jusqu'à ce soir de juin, où le vent et la pluie les obligent à frapper à la porte de Valentine. Un orage peut-il à lui seul détourner d'un destin que l'on croyait tout tracé ? Avec la vitalité, l'émotion et la générosité qui ont fait l'immense succès de Juste avant le bonheur et Pars avec lui, Agnès Ledig explore les chemins imprévisibles de l'existence et du cœur. Pour nous dire que le désir et la vie sont plus forts que la peur et les blessures du passé.

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